mardi 24 août 2010

La malédiction des momies


« La mort abattra de son aile quiconque dérangera le repos de pharaon »


4 novembre 1922, découverte de la tombe inviolée de Toutânkhamon.
26 novembre Carter et Lord Carnavon pénètrent dans le tombeau. Au mur une tablette vite escamotée: « La mort abattra de son aile quiconque dérangera le repos de pharaon »
17 février 1923, dix-sept personnes assistent à l'ouverture de la chambre sépulcrale.
Un mois et demi plus tard, le 5 avril, Lord Carnavon meurt... Puis le professeur Lafleur, le colonel Aubrey Herbert, l'archéologue Arthur Mace qui avait aidé Carter à abattre le mur de la chambre meurt au même hôtel que Carnavon. La même année : George Jay-Gould milliardaire américaine, ami de Carnarvon, visite le tombeau et meurt le lendemain. Même année toujours : Joël Woolf industriel anglais visite et meurt sur le bateau et Archibald Douglas Keed, radiologiste, se penche sur la momie et meurt etc.

Inutile de s'étendre sur cette embarrassante nécrologie, tout un chacun pouvant se la procurer : elle fut à l'origine de maintes études et commentaires qui ne firent qu'accumuler les hypothèses dont celle, en particulier, d'un certain virus de l'histoplasmosis transmissible dans les excréments de chauves-souris qui eût bien satisfait tout le monde, n'eût été le fait qu'aucune chauve-souris n'avait élu domicile dans ce tombeau hermétiquement muré. On parla donc d'irradiations nucléaires et même d'acide prussique comme sur les murs des chambres de désinfection d'Auschwitz etc. ; en vain.

Tout et le contraire de tout ayant été dit sur les suites mortifères des ouvertures de tombes (car il n'y eut pas, tant s'en faut, que celle de Toutânkhamon), que peut-on penser, du point de vue de l'occultisme, de ce qui ce qui fit rapidement prononcer le mot de malédiction ? A tort ou à raison ?

« Imaginez qu'on inhume un homme ou qu'on l'incinère. On prend conscience après quelque temps qu'il ne reste plus rien de cet homme. Si vous regardez après soixante ans dans la tombe d'un défunt vous n'y trouverez que quelques restes d'os, mais ils finiront également par disparaître. Il ne reste plus rien de notre corps physique. Il faut qu'il ait totalement disparu lorsque nous revenons sur terre. S'il ne reste du défunt plus rien de visible extérieurement, il en reste cependant encore énormément de choses dont l'action se prolonge encore longtemps après l'inhumation, même après une crémation.

Or il faut également que cela disparaisse avant tout nouveau retour sur terre. Par leur pratique de la momification, les Egyptiens cherchaient, en fait, à préserver l'être humain de tout nouveau retour sur terre. L'embaumement des corps devait empêcher toute nouvelle vie. Il fallait que l'être humain puisse jouir indéfiniment des agréments du monde spirituel.

Il en résulta une technique de l'embaumement capable de conserver les corps, leur cohérence, par des onguents et des substances d'une très grande science. Si bien que nous pouvons admirer aujourd'hui des momies dans les musées. Elles sont l'exacte empreinte de ce que l'être humain était alors. Messieurs, il en est nécessairement ainsi : tout ce qui est conservé pendant des millénaires devient poison, car cela devient destructeur. Cela appartient en fait aux forces destructrices. Il y a dans les momies d'incroyables forces destructrices. Toutes les poussières que vous voyez s'échapper d'une momie ne sont que forces destructrices. Ces forces sont présentes pour la raison que je vous ai exposée : l'être humain envoie du monde spirituel les forces pour détruire ce qui était, y compris les formes. La momie qui est là contient donc en elle les forces destructrices que l'homme y a envoyées.

En outre, les Egyptiens utilisaient des substances très particulières de conservation des momies. Ces substances s'opposent fortement à la destruction. Elles produisent rapidement une atmosphère empoisonnée. Dans l'entourage de la momie se forme toujours une atmosphère empoisonnée qui provient des conceptions religieuses des anciens Egyptiens.


Il faut maintenant ajouter évidemment autre chose encore. Comment les Egyptiens se procuraient-ils des substances qui se laissaient manipuler aisément lors des opérations d'embaumement et qui ensuite se transformaient en poisons ? Voyez-vous, l'homme d'aujourd'hui ne sait plus rien du tout des forces de la Parole ! Autrefois, chez les Egyptiens, la force de la parole était prodigieuse. Imaginez un feu qui dégage une énorme fumée. Maintenant vous soufflez dans la fumée et vous y provoquez des tourbillons : vous pouvez changer la forme de la fumée. Le souffle ne change pas encore grand chose, mais si vous vous mettez à siffler une chanson, il y a certes également le souffle etc., mais il y a surtout les modulations de la chanson qui entrent dans la forme de la fumée*. Les anciens savaient fort bien cela : ils savaient qu'en prononçant des paroles d'une quelconque manière dans une substance – surtout certaines paroles bien précises – ils en modifiaient la forme. Au cours de l'embaumement, les embaumeurs** prononçaient des paroles lors de l'application de leurs épices. Ces paroles seraient aujourd'hui à peu près celles-ci : « Toute personne s'approchant de mon cadavre trouvera la mort.» Cela était prononcé avec une intonation qui modelait la substance, qui faisait que la force entrait dans les épices utilisées. Cette force y est maintenant incluse. L'homme d'aujourd'hui ne peut plus du tout croire qu'une telle chose soit possible ; il en est pourtant ainsi. Lorsque vous vous approchez d'une momie, vous vous approchez d'une force qui est encore contenue en elle et qui dit : « Toute personne qui s'approchera de mon cadavre trouvera la mort » - et c'est ce qui se passe, car la matière a intégré la force qui lui a été confiée par la parole... Cela provient du fait que les cadavres ont été traités avec des substances dans lesquelles ont été imprimées des paroles maléfiques, destructrices. » (R.S. Conceptions du monde dans les diverses cultures, Paris, 2010, pp. 173-177)


« Imaginez que des gens aient été momifiés en Egypte : ils sont restés là dans leur forme physique ; ces gens sont revenus sur terre depuis longtemps, et même plusieurs fois ; ils ont donc vécu ou vivent en ce moment alors que leur ancienne forme, leur momie, est, elle aussi, présente ! Ces formes anciennes n'exercent pas seulement leur action destructrices sur ceux qui sont revenus, mais également sur toute personne qui s'en approche. Si bien qu'il émane de toute momie une animosité générale contre la vie humaine. Or ce n'est pas possible autrement : il émane d'elles une animosité (inscrite) contre la vie humaine. Mais les gens ne le prennent pas en compte. Il peut donc parfaitement se produire que la momie d'un homme important, pour laquelle ont été intentionnellement prononcées des paroles maléfiques, se conserve extrêmement longtemps et exerce ses méfaits sur tous ceux qui s'en approchent, des effets pathologiques, voire mortels. De là les phénomènes inexpliqués dont on parle actuellement. » (Ibid. 178-sqq)

On comprend dès lors que ce n'est pas naïvement dans le but de récupérer leur ancien corps en vue de leur future incarnation que les Egyptiens – et bien d'autres – momifiaient leurs défunts - mais, tout au contraire en vue de les préserver des tribulations d'une nouvelle incarnation physique les retranchant, une fois de plus de la vie éternelle et des joies du Pays d'Amenti. C'était ainsi tendre à la même libération que celle plus tard recherchée par Gautama Bouddha pour qui la vie terrestre n'était que maladie, mal et souffrance – à ceci près que ce dernier tendit très vite à l'extinction du Moi, quand les Egyptiens ne souhaitaient que la fusion astrale dans l'âme-groupe égyptienne de leurs ancêtres. Enseignement qu'adoptèrent à leur tour les Hébreux qui n'aspiraient à rien d'autre qu'au retour post-mortem dans le sein d'Abraham. La momie garantissait donc aux yeux des Egyptiens la permanence d'une vie libérée des contraintes du plan physique, tout en fixant l'esprit sur la dépouille mortelle. C'est de cette pratique funéraire que devait s'ensuivre, au fil des réincarnations, cette impossibilité de concevoir le spirituel autrement que sous forme matérielle, et partant le matérialisme actuel dont l'origine n'a pas d'autre cause.

Ainsi, pourrait-on dire, la momie de la belle Tahoser aimée de Lord Evandale dans le célèbre roman de Théophile Gautier n'aurait-elle jamais pu lui apporter autre chose, en réalité, que la mort et la malédiction d'avoir violé tout à la fois sa nudité et son repos millénaire...
WH.

* Que l'on songe seulement aux figures de Chladni.
** Il s'agit ici des colchytes, prêtres incantateurs attachés au travail des tarischeutes et des paraschistes.

3 commentaires:

  1. Bonjour,
    Un très passionnant article qui pose bien des questions. Par exemple, il n'est pas si rare de découvrir des corps très anciens conservés par le sable ou la glace. On pense à "Ötzi" (-5000) ou encore l'homme de Kennwick (-9000). Depuis, le possesseur du corps a du revenir quelque fois. D'autre part, en Italie, il n'est pas rare non plus de voir des corps de personnages d'église momifiés en quelque sorte et laissés à la vue de tous dans un tombeau transparent. Je crois me souvenir de Saint Umberto (natif d'Alsace) à Gubbio dont le corps noirci par le temps était recouvert de ses habits ecclésiastiques. Quelle peut être la nuisance pour le réincarné? Que penser des cimetières, véritable concentration de corps en décomposition ? Y aurait-il un lien avec le fait qu'en biodynamie, des restes d'animaux morts sont utilisés pour en faire fuir d'autres, vivants ?

    Ötzi : http://pyrodactile.files.wordpress.com/2010/02/otzi_ice11.jpg

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  2. Il parraît qu'il existe aussi des "malédictions" liés aux découvertes de corps conservés par la glace. Wikipédia parle de la "malédiction d'Ötzi".

    Apparemment chez les catholiques la tradition veut que pour authentifier un saint, on exhume sa dépouille et normalement son corps devrait être intact. Après cela il est exposé dans un cerceuil en verre. Ils ont fait ça pour Bernadette, Thérèse de l'E.J. et le curé d'Ars.

    Lénine aussi est exposé dans sa pyramide rouge, mais lui il faut entretenir son corps chaque année pour qu'il ne pourrisse pas.

    Concernant les cimetières, il parraît qu'aujourd'hui, nous mangeons tellement de conservateurs dans nos aliments tout les jours, qu'ils persistent dans nos corps de telle sorte que les cadavres humains mettent beaucoup plus de temps à se décomposer qu'avant.

    Sinon pour la réincarnation, je pense que si le Christ pouvait ressusciter les morts et faire manger deux miches de pain à plus de 4000 personnes, il y a moyen de passer outre les règles ici encore.

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  3. C'est vrai que la momie d'Ötzi est en passe aujourd'hui de devenir aussi célèbre que celle de Toutânkhamon ; elles diffèrent pourtant beaucoup en ce que la première est d'origine naturelle et la seconde d'origine artificielle. Autrement dit qu'il serait aventuré, me semble-t-il, de parler de « malédiction d'Ötzi » au même titre que celle des momies égyptiennes, à tout le moins royales, en ce sens que si ces dernières faisaient bien systématiquement l'objet d'une formule imprécatoire explicite, ce ne fut certainement pas le cas d'Ötzi. Ce qui ne signifierait pas pour autant la négation du rôle pathogène des corps momifiés en général.

    On peut s'interroger à juste titre sur cette assez macabre coutume d'exposer à la vénération publique les corps momifiés, naturellement ou non, de certaines personnes, et sur les conséquences éventuelles de cette pratique sur ceux ou celles qui les auront habités.

    Un mot enfin en ce qui concerne la dernière allusion à la multiplication des pains aux 4000 dans l'évangile, et dont il pourrait ne pas être inutile de rappeler ici le sens ésotérique véritable:

    Il faut, en effet, comprendre le pourquoi des deux "multiplications des pains", l’une aux 5000 et l’autre aux 4000, et ne pas prendre ces nombres de manière quantitative, mais qualitative, chacun d'eux se rapportant à l'une des sept ères zodiacales de l’humanité comptées depuis le Déluge glaciaire :
    1[000] = Cancer, 2[000] = Gémeaux, 3[000] = Taureau (cf. Exode. 32, 28), 4[000] = Bélier, 5[000] = Poissons (la nôtre), 6[000] = Verseau, 7[000] = Capricorne (cf. 1 Rois, 19, 17-18) – soit les 7 Lettres de l’Apocalypse.

    C’est en ce sens que l'on doit comprendre le contenu des "multiplications":
    1/ La nourriture des 4000 (ère du Bélier) : 7 pains + quelques poissons + 7 corbeilles = les 7 Pains spirituels du Logos + « quelques petits poissons » parce qu’à l’époque en question, au temps du Christ, le soleil vernal se levait encore, en grande partie, dans le Bélier et à peine dans les Poissons, + 7 Corbeilles restant tout le jour au-dessus de l’horizon. Il s’agit donc d’une aperception diurne et directement vécue en ce temps-là.

    2/ La nourriture des 5000 (ère des Poissons) – encore à venir donc au 1er siècle – étant, par contre, un événement prophétique perçu dans un état de conscience suprasensible au plan astral, nocturne par conséquent: « le soir étant venu...» – toujours faire très attention à l’heure ! – (Mtt.14,15, Mc. 6, 31-35, Lc. 9, 12): 5 pains + 2 poissons + 12 corbeilles = les 5 Pains spirituels des 5 constellations nocturnes, les Poissons pleinement visibles aujourd’hui, et les 12 Corbeilles de l’ensemble des forces zodiacales accessibles seulement à notre époque.

    La totalité de l’Evangile est ésotériquement exposée: vision imaginale, et non description physico-sensible: Mtt., Mc. et Lc. en clairvision astrale, et Jn. en clairaudience inspirée, voire (Apo.) intuitive. Sinon les chroniques d’un Flavius Josèphe ou les annales romaines auraient suffi. L’Evangile est en cela un document purement initiatique (au même titre, par ex. que la, désormais caduque, Baghavad Gita).

    Si le Christ s’était contenté de réaliser une simple multiplication matérielle du pain physique, Il aurait, en fait, très précisément succombé à la 1ère Tentation ahrimanienne de transformer les pierres en pain (Lc.4). Magie noire sans intéret.

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